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#rmsconf 2017 : 4 points de vue sur les talents

#rmsconf 2017 : 4 points de vue sur les talents

Retour sur les quatre keynotes de la #rsmconf. La 7e édition de cette conférence recrutement et marque employeur a permis de gratter la notion de talent.

La 7e édition de l’événement recrutement et marque employeur, #rmsconf, s’est tenue le 10 octobre 2017. La notion de talent était au cœur des interventions de Jean-Christophe Anna, CEO de #rmstouch, organisateur de l’événement, Aude de Thuin, fondatrice et présidente de Women in Africa, Bernard Stiegler, philosophe, et Ramïn Farhangi, fondateur de l’École Dynamique (par ordre d’apparition sur le palier du grand escalier du Tapis rouge à Paris).

Un talent se caractérise par un état d’esprit

Pour Jean-Christophe Anna, il s’agit de ne pas se tromper de talent. C’est à ses yeux une addition, d’expériences, de compétences, de réussites. Le talent ne se résume ni à un diplôme ni à des compétences mais se caractérise par un état d’esprit. « Il est libre, singulier, audacieux, il prend des risques et ose l’échec », remarque-t-il, « il n’est pas forcément salarié, il faut y penser à une époque où le travail indépendant explose ». Aux recruteurs, aux RH, aux managers d’être audacieux dans leurs recrutements, en sortant du choix « rationnel » du mouton à cinq pattes – « qui reste un mouton » – ou du clone, pour aller vers la prise de décision audacieuse. Recruter des personnes qui ont appris de leur échec en est une. Une image de 1999 vient appuyer son propos. Elle montre deux jeunes joueurs de tennis, finalistes du Tournoi des petits as. On reconnaît Nadal, le perdant de l’époque, et Gasquet, le vainqueur. On connaît la suite.

Penser le monde avec le talent des femmes

Au tour d’Aude de Thuin, qui fut à l’initiative de la loi sur la parité, créa le Women’s Forum et Osons la France, de nous interpeller. Elle se demande « comment les entreprises vont régler le problème que pose le fait de crier sur les toits qu'elles veulent des femmes tout en privilégiant les hommes ». Elle pointe le paradoxe : d’un côté, les promesses faites aux femmes qui ne sont pas tenues, de l’autre, ce constat : « Je sais qu'aujourd'hui je donnerai beaucoup plus confiance aux investisseurs si je suis entourée de femmes. » Elle voit dans les difficultés des entreprises à recruter, un problème d’absence de sens dans les jobs proposés. Et puisqu’il est question de sens, le bras de fer pour arriver à la parité, pour 50% de la population mère des autres 50%, n’est-elle pas un non-sens de l’entreprise qui cherche des talents ? « Quand une femme a deux enfants ou plus, elle a un comportement de chef d'entreprise. Elle gère une PME, et parfois plus de monde qu'on en gère dans une start-up. Cela développe une plasticité du cerveau à se faire à toutes les situations, y compris dans l'entreprise. » C’est dit, il faut que ce soit entendu.

Reconstruire des savoirs perdus pour conserver le talent dans un monde sans emploi

Évoquant les travaux d’Amartya Sen sur l’économie de la famine, Bernard Stiegler compare les Bangladais vivant au milieu des ordures et les habitants du district de Harlem au Nord de Manhattan. Les premiers ont conservé leurs savoirs et vivent plus longtemps – du moins les hommes – que les seconds qui les ont perdus et se sont prolétarisés. La prolétarisation, c’est ce qui arrive aujourd’hui à la majorité des gens, médecins et juristes compris. « La machine va 3 à 4 millions de fois plus vite que nous, nous sommes dans des systèmes d’algorithmes qui détruisent le talent », explique-t-il. Il voit une issue dans la sortie du consumérisme qui épuise la planète, et dans la réinvention d’une économie « fondée sur la reconstruction de savoirs comme la cuisine et la mécanique  on ne parle pas de mathématiques ». Ainsi, des mécaniciens de quartiers deviendraient des acteurs des préconisations de la Cop 21. « Chez Renault, il n'y a plus de mécaniciens, il y a quelques prolétaires qui serrent les boulons et beaucoup de robots, c'est pareil dans l'économie alimentaire », constate-t-il. Un besoin de nouvelles activités va émerger, alternative à la destruction de l’emploi. Elles seront porteuses de nouvelles valeurs, qui tableront sur des savoirs reconstruits et partagés, et sur la créativité.

Acquérir dès l’enfance le talent de savoir jouer avec les contraintes environnantes

« Les conditions d'apprentissage ne peuvent t'être réunies que lorsque l'enfant est pleinement motivé », souligne Ramïn Farhangi. Il a ainsi voulu une école où les enfants sont libres de choisir ce qu’ils font. Et que font les enfants libres ? Ils jouent. « Le jeu est la manière la plus élevée d’apprendre toutes les compétences qui permettent d’aborder les contraintes de la vie ». En développant des méta-compétences de l’ordre de la responsabilité de soi, on développe un état mental, le flow (la fluidité) et une posture responsable à vie. On peut ainsi se placer à « l’intersection optimale entre sa prochaine étape de vie et ce qu’on est capable de faire ». On a tous besoin de ce talent-là.

Sophie Girardeau

 

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