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Les RH de demain au service des équipes ?

Les RH de demain au service des équipes ?

Les outils numériques pourraient contribuer à délester la fonction RH de ses aspects les plus techniques et à la faire évoluer vers un rôle de coach.

Faire avec plus d’outils mais avec moins de temps et moins d’équipes : cette tendance finira-t-elle par faire évoluer la fonction RH vers « un rôle de traducteur et de passeur », comme l’imagine Anne Decouzon, RRH chez Soft Computing ? « De plus en plus d’informations sont accessibles aux managers qui, de ce fait, viennent moins solliciter les RH sur des sujets juridiques et administratifs par exemple, de plus, ils peuvent maîtriser des sujets comme la formations grâce aux outils digitaux », note-t-elle.

Des RH ubérisés mais bien présents

Le futur des RH enthousiasme Mathilde Le Coz, directrice innovation RH chez Mazars. Elle entrevoit l'ubérisation de la fonction : les collaborateurs et les managers pourront, et voudront, se passer d’intermédiaire. Les outils le permettront et rendront l’information accessible, notamment des cartographies de talents pour trouver la ressource idoine au bon moment, et feront appréhender et piloter autrement la formation et le recrutement… Des RH ubérisés mais toujours là, plus tournés vers l’humain que centrés sur la « ressource ». « Une dynamique intéressante que cette bascule car l’humain, c’est ce que l’on ne peut pas ubériser », note Alexandre Thomas, directeur associé chez Kantar Added Value. Des RH sortis de la tour d’ivoire où les collaborateurs les croient, au milieu des équipes, travaillant main dans la main avec les opérationnels. Une certaine idée du bonheur en quelque sorte…

Tous potentiels garants du bonheur ou l’apanage du Chief Happiness Officer ?

Le bonheur en entreprise, justement, parlons-en. Car tel qu’il est imaginé par les participants du Monster Talk sur le thème des Millennials et de l’emploi, on pourrait presque voir dans le RH de demain un garant du bonheur au travail, lui trouver une proximité avec le Chief Happiness Officer (CHO).

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Cette fonction émergente, dont on parle depuis trois ou quatre ans et qui a déjà ses disciples et ses détracteurs, a-t-elle le monopole du bonheur ? Non car, d’une part, comme le précise Olivier Lallier, directeur du développement du Lab RH, « la bonne posture en la matière n’est pas de dire aux gens ce qu’ils doivent faire mais de co-construire quelque chose avec eux, il faut arriver à transversaliser la fonction de Chief Happiness Officer, à sortir des modèles statutaires ». D’autre part, comme le souligne Mathilde Le Coz, « plein de gens jouent ce rôle dans l'entreprise sans en avoir le titre : le manager qui fait grandir quelqu'un contribue lui aussi au bonheur ou au bien-être ».

Confier à une personne attitrée un rôle de gardien de certaines valeurs peut toutefois répondre à la problématique d’engagement des entreprises, selon Céline Parsoud, présidente de WoMen’Up : « C’est une bonne idée que de pouvoir se dire que quelqu'un est en charge de mon bonheur dans l’entreprise, qu’il sera plus facile d’aller voir que de solliciter les RH. »

Un discours très business aide à faire passer l’importance du facteur humain

Développer l’humain, le remettre au centre de l’entreprise, créer les conditions du bonheur : nobles et nécessaires ambitions. Mais, qu’en pense le COMEX ? Dans une société de services par exemple, où l’homme est le capital, que l’on vend et qui rapporte de l’argent, promouvoir ces idées est extrêmement difficile. « C’est en ayant un discours très business que l’on arrive à faire passer l’idée de l’importance du facteur humain, en montrant le lien avec le problème de turnover, d’absentéisme, de motivation », répond Anne Decouzon.

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De par ses attentes, la Génération Y a un rôle d'aiguillon à jouer dans les différentes évolutions du monde du travail et de l’entreprise. Comme chaque génération, elle œuvre pour les suivantes – elle le doit en tout cas –, et pas seulement en matière d’égalité homme-femme. « C’est aussi à la Génération X d’évoluer, de préparer le terrain pour demain, car ce que nous préparons, nous, c’est aussi l’entreprise de nos enfants », conclut Cédric Gérard, directeur marketing Europe du Sud et BELUX de Monster.

Propos recueillis lors de la première édition des Monster Talks qui s’est déroulée le 2 mars 2017 sur le thème « Les Millennials et leur rapport à l'emploi » en présence d’Anne Decouzon, RRH chez Soft Computing, Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS et auteure (notamment Génération Y : les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion, et Le modèle californien), Lauriane Fressy, directrice associée chez Il était une pub, Olivier Lallier, directeur du développement du Lab RH, Mathilde Le Coz, directrice innovation RH chez Mazars, Céline Parsoud, présidente de WoMen’Up, Alexandre Thomas, directeur associé chez Kantar Added Value, et Cédric Gérard, directeur marketing Europe du Sud et BELUX de Monster.

Sophie Girardeau