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Recruter autrement, avec pragmatisme et solidarité

Recruter autrement, avec pragmatisme et solidarité

Recruter autrement, avec pragmatisme et solidarité.

Des recruteurs témoignent de recrutements en dehors des clones. Quand pragmatisme et solidarité se rejoignent, cela fait de belles histoires d’intégration professionnelle et sociale que raconte Sébastien Benetreau (Menway Emploi La Roche-sur-Yon).

D’un côté, la Vendée, un département dynamique avec un faible taux de chômage (6,7% au 2e trimestre 2018). De l’autre, une pénurie de candidats aux postes d’agents de production dans l’industrie agro-alimentaire, du fait du faible taux de chômage justement. Au milieu, des réfugiés, venus de Tchétchénie et d’Afrique centrale (Ethiopie, Erythrée, Soudan), qui poussent les portes des agences d’intérim avec leur forte motivation comme bagage.

Un bon savoir-être en guise de passeport pour l’emploi

« La pénurie de candidats, dans les métiers techniques de l’industrie, dans les métiers du BTP, de la logistique, dans les métiers de la vente B2C est favorable à l’ouverture des critères de recrutement et à une réflexion sur la formation », observe Sébastien Benetreau, responsable de l’agence Menway Emploi La Roche-sur-Yon. Elle pousse au pragmatisme : des réfugiés viennent régulièrement à l’agence chercher du travail, pourquoi ne pas leur proposer des postes d’agents de production ou d’ouvriers agro-alimentaires qui peinent à trouver preneur ? « Nous nous basons d’abord sur un bon savoir-être pour ensuite enclencher une formation », précise notre interlocuteur. Ces postes à pourvoir pour un travail d’étêtage et d’emboîtage de poisson sont accessibles à des personnes qui parlent peu ou pas le Français, bien que la vigilance sur le niveau de langue, pour une bonne compréhension des consignes, soit de mise. En tant que recruteur, il s’assure de la validité de la carte de séjour de ces candidats, durée de validité qui conditionne la proposition d’un poste en CDI.

Un fort besoin de recruter et des expériences positives avec les réfugiés

Pragmatisme encore dans cette PME familiale de conserverie et de préparation de plats cuisinés, comptant 300 collaborateurs et labellisée pêche durable, qui cherche des ouvriers et trouve avec les réfugiés des candidats très motivés et très reconnaissants. Elle a tenté l’expérience en 2017, elle l’a renouvelée en 2018 car elle est positive. L’an dernier, deux réfugiés — un couple dont l’épouse ne parlait pas un mot de Français — ont obtenu un CDI au bout de six mois de travail temporaire. Cette année, 15 réfugiés sont en intérim et l’un d'eux a signé un CDI début octobre. Après l’avoir recruté en production, cette PME prévoit de le faire évoluer à un poste de conducteur de ligne, qui demande plus de technicité et comporte de la maintenance de premier niveau ainsi que du management de 3 à 4 personnes.

De belles histoires d’intégration professionnelle et sociale

Après l’embauche en intérim, des associations d’aide aux réfugiés, Passerelle notamment, prennent le relais pour gérer les questions d’hébergement et assurer le suivi administratif et social. Des retraités assurent le covoiturage quotidien vers l’entreprise située à trente kilomètres de La Roche-sur-Yon. Dans la région, la mobilité est en effet le premier frein. « Il s’agit de belles histoires d’intégration professionnelle et sociale. Ces personnes, qui ont parfois vécu des choses atroces, ont un réel savoir-être et un sens du travail très fort, ce sont aussi des profils très organisés », remarque Sébastien Benetreau. L’employeur, soucieux des conditions de vie de certains réfugiés prêts à dire qu’ils ont un toit pour obtenir un job alors qu’ils sont sans logement, s’implique également. Ainsi se crée un élan de solidarité, ainsi commence le long parcours de l’intégration.

Sophie Girardeau