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Offre d’emploi: 4 principes textuels pour renforcer sa portée

Offre d’emploi: 4 principes textuels pour renforcer sa portée

Ressources Humaines 2017, copyright Jane Bee

Pour qu’une offre d’emploi mobilise un candidat, son texte doit user d’une langue vivante et authentique plutôt qu’enfermée dans des clichés et hyper contrôlée.

Le texte, contrairement au design, est l'élément de l'offre d'emploi qui voyage le mieux. La langue, souple, est multiterminale et multicanale, elle s’adapte aux contraintes des outils. Grâce à elle, on peut être concret et interactif, deux qualités qui comptent pour retenir l’attention des candidats. La plupart des annonces négligent pourtant les nuances et la puissance du verbe, surtout celles des grandes entreprises dont la langue est « corsetée, amidonnée, datée des années 90 », observe Jeanne Bordeau, fondatrice de l’Institut de la qualité de l’expression.

1. Du mouvement et de l’émotion

Nous sommes en 2018. L’époque est digitale, rapide, connectée et bavarde. Le langage de la plupart des offres d’emploi ne suit pas le mouvement, il est par exemple figé dans beaucoup trop d’infinitif. En exemple à suivre, notre interlocutrice cite notamment Ilek, dont les textes donnent l’impression d’exister en tant que personne, dans un rôle qui n’est pas figé, dans une équipe en train de bouger. Puisqu’il s’agit de mobiliser de futurs collaborateurs, il faut une langue qui donne envie de se mouvoir et capable d’émouvoir, comme le rappelle « movere » la racine latine commune au mouvement et à l’émotion. Or d’émotion il n’y a pas dans les marques employeurs « tellement bien faites qu’il n’y a pas d’âme ; à partir du moment où l’on veut « mobiliser » et qu’on utilise le langage de l'émotion sans en laisser transparaître la moindre, il y a un problème », pointe Jeanne Bordeau.

2. De la conversation

À quoi bon être digital si l’on n’est pas conversationnel ? « Il y a chez La Vie Claire ou BlaBlaCar par exemple, une langue plus naturelle, avec de l’interaction et du concret, on sent la notion d’accueil, totalement absente dans les grands groupes, à part chez Danone, dont la langue reste figée et distante », observe-t-elle. Dans l’annonce d’emploi, l’entreprise, en disant qui elle est et ce qu’elle cherche, doit faire sentir qu’elle parle, en face-à-face, au candidat.
Cela passe par la personnalisation du message, chose que les pronoms personnels font bien mieux que l’infinitif : « Voilà qui NOUS sommes », « Voilà ce que l’on peut VOUS donner », « Voilà ce que NOUS attendons de VOUS ».

3. Du réel raconté dans un récit authentique

Le récit est votre ami. Si vous gommez le laïus corporate, si vous le remplacez par une langue « très vraie ». Celle d’un salarié qui raconte des bribes de sa journée par exemple. Le naturel que prône Jeanne Bordeau ne doit pas pour autant céder à la « dictature du cool » que l’on remarque dans certaines annonces de startups, aussi dommageable que les discours hyper contrôlés. Veja ou Patagonia ont choisi d’aborder aussi ce qu’elles ne peuvent pas faire, s’éloignant ainsi du battage habituel qui consiste à dire qu’en tant que leader on peut tout faire. « La langue des annonces est descriptive et distanciée alors que le candidat a besoin de sentir ce qu’il va vivre », note-t-elle. La narration permet de faire sentir la quête de l’entreprise et la réalité du poste, jusque dans ses zones d’effort et ses difficultés, dont il faut parler. À l’heure du fast checking, avec des candidats nouvelle génération avides de preuves, pensez-y.

4. De la concision et plusieurs dimensions grâce au digital

Alors que dans une annonce, on manque de place pour parler, alors que le digital pousse à synthétiser, les textes développent trop ou mal. Vous pouvez raconter qui vous êtes, votre contexte et votre quête de façon concise et authentique grâce au langage imagé des métaphores, et grâce à l’aspect multidimensionnel du digital où le texte peut côtoyer le son et l’image. Il faut de la précision mais en excès, elle peut tuer la clarté. « En soi, la langue est rationnelle et sensible », conclut notre interlocutrice.

Sophie Girardeau