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Faire vivre ses valeurs : l’exemple de Tiller Systems

Faire vivre ses valeurs : l’exemple de Tiller Systems

Pas de méthode universelle pour faire vivre ses valeurs mais une attention au quotidien et l’implication de tous dans l’entreprise.

Quand Dimitri Farber, co-fondateur de Tiller, dit : « On n’a pas envie d’être moyens », quand Christelle Weber, Chief People Officer de la startup, ajoute : « On est tous venus ici pour se faire plaisir avant tout », ils mettent des mots sur ce qui se passe dans cette entreprise : on y bosse beaucoup (hard work), en mode collaboratif (team work), en s’amusant (fun) et en voyant grand (ambition). C’est ainsi que, plutôt que de créer une caisse enregistreuse lambda, on crée « l’iPhone des restaurateurs », résume Dimitri Farber, et qu’on fait la différence sur un marché en pleine expansion où l’on est arrivés parmi les derniers.

Fondée il y a trois ans par trois étudiants en école de commerce et d’hôtellerie, Tiller a connu 60% de croissance mensuelle du chiffre d’affaires en 2015 et levé 4 millions d’euros en 2016. En passant de 15 collaborateurs à 102 entre mars 2016 et mars 2017, ce n’est pas un cap qu’elle a passé mais trois. « Et notamment sur les quatre derniers mois, en termes d’effectifs, nous avons franchi trois paliers : celui des 50 salariés, celui des 100 et celui de l’international », explique Christelle Weber. Et c’est bien parti pour continuer puisque l’entreprise prévoit 20 recrutements par mois, en France, en Espagne et en Italie jusqu’à fin 2017. Au moins. « Aborder ces trois sujets en un laps de temps très court ne s’improvise pas », ajoute-t-elle, « et se greffe le sujet du maintien de notre culture startup très marquée dans un contexte de forte croissance ».

« Les valeurs changent, sinon elles deviennent bien-pensantes »

 Grandir, se développer à l’international, oui, mais pas question de laisser derrière soi ce qui singularise, fonctionne et stimule au quotidien. Pas question de transformer les fondamentaux de l’entreprise en valeurs creuses gravées dans le marbre. Car, « contrairement à une idée reçue, les valeurs changent, sinon elles deviennent bien pensantes », souligne notre interlocutrice. Le plus dur n’est pas de les définir– ce doit être un travail d’équipe qui pose des mots sur ce qui existe déjà, et si rien de commun ne ressort, c’est un signe qu’il faut traiter le problème –, mais de les faire vivre. La startup y arrive grâce à une succession de rituels quotidiens qui font des codes communs.

Chez Tiller, on porte ses valeurs sur soi, au propre et au figuré

Tiller est partie de citations des collaborateurs, inspirées de situations vécues, pour mettre en place un rituel. Ces citations, on les placarde sur les murs de l’entreprise, on les imprime sur des tee-shirts – pratique pour porter ses valeurs sur soi. « On les affiche en long en large et en travers parce qu’on est capable de les porter à l’extérieur », poursuit Christelle Weber. L'idée est de les renouveler pour montrer que les choses évoluent.

« Un système de vote permet d’aller encore plus loin dans le principe de travail collaborative »

Les outils digitaux s’en mêlent. Grâce à un site interne, on met aussi en avant ces citations sur les écrans. Une application – Fiish – permet de les partager et de voter pour elles. « Ce système de vote permet d’aller encore plus loin dans le principe de travail collaborative », explique Dimitri Farber. L’application facilite aussi l’intégration des nouveaux arrivants (onboarding) : une fonction quiz les incite à aller vers les équipes pour répondre au mieux aux questions relatives à l’histoire et à la vie de l’entreprise.

Pas de méthode mais une attention constante

Faire vivre ses valeurs, c’est de l’horlogerie suisse. Cela demande le même travail que dans un couple : « Si l’on déclare sa flamme sans faire d’effort au quotidien, ça ne peut pas marcher », pointe Christelle Weber. Il s’agit donc d’être vigilant pour repérer les risques de dérive, de mettre en place des actions qui permettent d’adapter en permanence sa façon de travailler et de faire en sorte que cela vienne des équipes. C’est là qu’intervient l’ambassadeur, véritable pilier culturel chez Tiller Systems, que tout le monde doit connaître, et si ce n’est pas le cas, il faut résoudre le problème. « On oublie parfois de déléguer, or le fait que les valeurs reposent sur les équipes permet justement de lever des freins, le manque de temps ou d’argent ne peuvent être une excuse pour ne pas s’occuper de ses valeurs et plein de choses peuvent se régler en un déjeuner », souligne-t-elle.

Le taux de participation au Beer Friday, celui du recrutement par cooptation : de bons indicateurs de valeurs qui savent vivre

Chez Tiller Systems, la moyenne d’âge est de 27 ans. Tous les vendredis aux alentours de 17h00, 99% de l’équipe se retrouve pour le Beer Friday. Le jour où ce taux tombera à 80%, ce sera un signal fort qu’il faut adapter quelque chose. L’équipe historique composée de développeurs et de commerciaux continue de s’étoffer avec l’embauche d’une armée de commerciaux et de profils Customer Success Managers, notamment. 40% des commerciaux sont embauchés par cooptation et ce taux est de 30% pour l’ensemble des recrutements. Quant aux développeurs, courtisés de partout, la culture très marquée de la startup arrive à les séduire. La rencontre des candidats et des équipes très tôt dans le processus de recrutement est un autre rituel. « Les équipes ont clairement un droit de veto, cela facilite l’intégration », conclut Christelle Weber.

Sophie Girardeau