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Le design de l'offre d’emploi, son importance et ses limites

On parle de guerre des talents mais le design de la majorité des offres d’emploi est neutre. Le soigner permet d’aller au bout du travail de marque employeur.

Au-delà du sens de l’esthétique, « il y a dans le design une pensée qui lie l’aspect conception et l’aspect expression, c’est systémique », explique Jérôme Guibourgé, designer et docteur en sémiotique. Or, en visitant quelques sites carrière, on se rend compte qu’arrivé à l’étape offre d’emploi, le lien n’est pas fait avec la vitrine de la marque employeur, comme si l’entreprise décidait d’arrêter là ses efforts pour se différencier. Certains perdent les candidats faute de leur permettre de trouver rapidement la section offres d’emploi, d’autres les enthousiasment avant de les décevoir.

Pour illustrer, mettons-nous à la place d’un candidat qui postule chez Decathlon. En quelques clics, il passe d’un très bel univers à un environnement de progiciel. Un peu comme si à peine franchi le seuil d’un magasin, par sa vitrine alléché, un client se retrouvait dans l’entrepôt. Sauf que « l’offre d’emploi, qui est aujourd’hui le parent pauvre de la communication RH et de la marque employeur, n’est pas l’entrepôt, avec elle, on n’est pas que dans de la transaction, il faut qu’elle suscite de l’intérêt, de la confiance, de l’envie », pointe Thomas Delorme, Vice President chez TMP Worldwide.

Comme les entreprises investissent du temps et de l'argent pour imposer et déployer une marque, il est dommage que l’annonce d’emploi n’en bénéficie pas. « Si ce qu'on dit et montre est exactement pareil que le voisin, cela remet en cause le discours différenciant », ajoute-t-il.

Cinq raisons de travailler le design de l’annonce d’emploi

  1. Il pose l’identité employeur.
  2. Il est important pour séduire, par son côté esthétique.
  3. Il peut servir à réorganiser les messages, à insister sur l’importance d’une partie d’entre eux.
  4. Il sert à manifester son identité et ses valeurs, par le biais d’un méta sens, c’est-à-dire par ce qu’il suggère.
  5. Il permet de manifester sa place de leader ou d’outsider sur le marché.

« Derrière l’offre d’emploi, il y a la volonté d’engager quelqu’un, le design raconte la différence (ndlr : qui pousse ou non à s'engager). Mais autant le design, dans ses aspects positifs, peut raconter que la gestion des collaborateurs peut être à la hauteur de la gestion de l’annonce, autant il peut se passer le contraire, il peut être dépréciatif », souligne Jérôme Guibourgé.

Trois limites du design de l’offre d’emploi

  1. Le design est dépendant d'un support, ses limites sont donc celles du support. Autant l’entreprise peut adapter son propre logiciel de recrutement (ATS) en le personnalisant, chose qu’elle ne fait pas toujours, autant elle doit faire avec les contraintes techniques des sites emploi. Sur un job board, « la question de la différenciation d’une offre est encore plus importante mais difficile à résoudre. Cependant, les candidats peuvent être plus tolérants vis-à-vis de l’uniformité que sur le site carrière de l’entreprise », note Thomas Delorme.
  2. Il est limité par la congruence du support, et donc dépendant de l’audience.
  3. Il est aussi dépendant du sens qu’a un certain design dans tel marché. Par exemple, dans un marché qui opte pour des annonces standardisées (parce que l'on considère, à tort, que vu le nombre de candidats, on n’a pas besoin de les séduire), si une entreprise utilise la police Comic Sans MS en corps 14 au lieu de la très courante et très copiée-collée Arial en corps 10, « elle ajoute un écart avec ce qui est convenu », pointe Jérôme Guibourgé. Elle crée un décalage par rapport à la nature du support, à la nature de l’audience, à la nature du marché. Cela amène fréquemment un deuxième niveau de lecture, une interprétation. Il faut donc « penser à la direction du sens qu’on donne, au deuxième niveau de lecture, pour que la majorité des gens l’interprètent comme on le désire », explique-t-il. Le marché peut par exemple se dire en effet que cette entreprise en décalage est « fragile », parce qu’elle a besoin de faire différemment, ou comprendre qu’elle affirme sa position.

Sophie Girardeau

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