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Le handicap, une bataille au quotidien pour que le sujet ne soit pas négligé

Le handicap, une bataille au quotidien pour que le sujet ne soit pas négligé

Soutien de la direction, professionnalisation de la démarche, patience, vigilance, présence sont les prérequis d’une politique handicap porteuse de résultats. Retours d’expérience de Colas et Bricoman.

Les politiques handicap du groupe Colas et de Bricoman fonctionnent, oui. Chez Colas, grâce à la convention Groupe de 2011/2013, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap a augmenté de 1% (210 personnes en situation de handicap ont été intégrées, en CDI, CDD, intérim, alternance) pour atteindre 3 % en 2013 ; chez Bricoman, ce taux atteignait 5,39% en 2013 et concernait majoritairement de l’emploi direct.

Ne rien lâcher

Oui mais. « Mais il faut batailler au quotidien sur ce sujet chronophage et complexe sinon il est négligé », souligne Antoine Cristau, responsable Diversité du groupe Colas. La conjonction rappelle les obstacles que rencontrent non seulement le sujet du handicap, en entreprise et ailleurs, mais encore, les personnes. Même observation chez Bricoman : « Il ne faut pas laisser le sujet longtemps de côté au risque d’être très vite oublié par les collaborateurs en magasin. Trois rendez-vous dans l’année nous semblent un bon rythme de communication », note sa chargée d’études RH et chargée de mission Handicap Delphine Tellier.

Impulser une dynamique et professionnaliser la démarche

« Au vu des valeurs partagées par Bricoman, la démarche semblait logique », ajoute-t-elle en appuyant sur l’importance du soutien du comité de direction. Pour ne pas être reléguée au second plan, la démarche nécessite toutefois d’être professionnalisée. « On doit s’assurer que le message que l’on porte est correctement reçu et perçu. On ne peut pas progresser sur ce sujet si on n’y dédie pas des ressources humaines », insiste Antoine Cristau. Pour Colas, tout remonte à 2009, avec l’impulsion donnée par la direction générale et la création de la mission Diversité. « A l’époque, les vingt filiales agissaient au coup par coup sans politique structurée et sans objectifs particuliers, elles avaient donc du mal à avancer ».

Au terme de la convention Groupe, qui a permis d’impulser une dynamique, les filiales qui le souhaitaient ont pris le relais. « N’y vont que celles qui en ont envie. Le groupe ne se désintéresse pas des projets des filiales, des actions communes sont maintenues et un comité de pilotage a été créé au niveau de Colas SA, il fédère et anime les dix responsables de missions Handicap et aide à la circulation des bonnes pratiques », explique-t-il. Professionnaliser la démarche passe aussi par un travail de véritable partenariat avec l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), les Cap Emploi et les entreprises du secteur aidé.

Penser long terme

La démarche demande de la patience. « Il ne faut pas attendre d’effet immédiat d’une telle politique et avoir en tête qu’on est sur du long terme, on a besoin d’expliquer, de rassurer », remarque Delphine Tellier qui a en charge la mission handicap Bricoman depuis 2008. Les stéréotypes ont en effet la peau dure, les lignes bougent lentement, vouloir vite soulever les montagnes génère du découragement. « Les freins sont liés à la représentation du handicap, il faut travailler dessus et constamment sensibiliser. Il s’agit d’une vraie responsabilité collective, on fait peser une responsabilité sur l’entreprise, il faudrait qu’elle existe plus au niveau de l’école », pointe Antoine Cristau. Le temps permet aussi de prendre du recul sur les actions, de les réorienter.

Être présent

Il faut parfois revoir sa copie, notamment en ce qui concerne les moyens de diffusion de l’information – celle-ci vise tant à faire accepter le handicap par les collaborateurs qu’à lever les réticences à se faire connaître en tant que personne handicapée. C’est d’autant plus important dans des groupes décentralisés comme Colas (vingt puis onze filiales en France) et Bricoman (35 magasins, quatre directions régionales). L’information est un premier niveau de présence. Encore faut-il y avoir accès.

Des campagnes d’affichage qui n’avaient pas suffisamment été vues par les compagnons ont été remplacées chez Colas par des quarts d’heure Handicap sur le terrain, animés par les managers. Un guide du maintien dans l’emploi qui n’avait pas été correctement diffusé va être redistribué dans le cadre d’une formation. « On prend les destinataires premiers de l’information et on les coache, on ne les laisse pas seuls », explique Antoine Cristau. Bricoman complète aussi ses dispositifs d’information et de sensibilisation (affichages et vidéos) par un accompagnement de proximité selon les besoins des magasins, pour les aider au démarrage. Et depuis plus d’un an, « un accompagnement individualisé des collaborateurs handicapés permet d’aller plus loin que l’intégration, de s’assurer que les choses se déroulent bien », conclut Delphine Tellier.

Sophie Girardeau

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