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Alternance : où fonctionne-t-elle et pour quels profils ?

En 2012 la DARES a recensé 616 000 alternants en France, du CAP au Bac+5 et dans tous les secteurs. Apprentissage ou contrat de professionnalisation, le dispositif est rodé dans les grands groupes, les plus petites entreprises, elles, y auraient plus recours avec un supplément d’information. Aperçu.

Dans des entreprises de toutes tailles, mais les plus petites manquent d’information

Le groupe Bodet compte 650 personnes dont 600 en France. Chez ce spécialiste de l’affichage communicant et de la gestion du temps, et éditeur de logiciels, quatorze postes sont à pourvoir en alternance en septembre/octobre 2014. « Deux sont encore à pourvoir, neuf le sont en contrat de professionnalisation et trois en apprentissage », précise son RRH, Yohann Jobard.
Le major de la restauration commerciale, Groupe Flo, compte environ 5300 personnes. Il accueille chaque année plus de deux cents apprentis. Dans le secteur aéronautique, des poids lourds comme Airbus Group, qui compte 144 000 salariés, mais aussi des acteurs de moindre taille comme ATR, chez qui on dénombre plus de 1000 personnes, le dispositif de l’alternance est particulièrement actif. Du fait du quota de 4% d’apprentis auxquels elles sont soumises, « ces entreprises privilégient l’apprentissage au contrat de professionnalisation », note Évelyne Petit, chef de projet senior chez Merlane en charge de l’alternance chez Airbus Group.

On le voit, l’alternance n’est pas qu’une affaire de grands groupes. « Toutes les entreprises sont représentées, de moins de 10 salariés à plus de 200 », observe Marina Galderisi, directrice Apprentissage et Alternance à l’Inseec. Les très grandes entreprises « ont des politiques d’accueil des apprentis, la machine est bien rodée, cependant, les TPE et PME continuent d’intégrer des étudiants malgré un marché de l’emploi figé », note Sophie Magnien, directrice associée d’iQuesta, site emploi spécialisé dans le premier emploi et les stages. Elle nuance toutefois : « La complexité de la mise en place du dispositif,  le coût et la rigidité du système sont des freins à l’alternance dans les plus petites structures. Oui, l’alternance fonctionne mais pas suffisamment, les petites entreprises ne sont pas assez informées. Une fois qu’elles ont découvert le mécanisme, et à condition que l’expérience soit positive, elles sont prêtes à continuer. »

Le rythme de l’alternance, le manque de maturité de certains profils ou les attentes trop fortes des entreprises peuvent rendre difficile l’intégration sur certains postes

Au sein du Groupe Flo, 70% des apprentis sont ensuite engagés en CDI pour des postes d’hôte de table, de commis de cuisine, chef de partie, commis de salle (niveau BTS, CAP et Bac pro).
Chez Airbus, notamment pour ses filiales Airbus Helicopters (ex Eurocopter) et Airbus Defence & Space, les profils recherchés, en région parisienne, toulousaine et bordelaise, vont du CAP au Bac+5. En RH, en communication, commerce, marketing, achats et informatiques les profils vont du Bac+3 au Bac+5. Dans les fonctions techniques et de l’ingénierie, l’éventail est plus large : 75% sont en école d’ingénieur (Bac+5), 25% en CAP ou Bac pro. Les besoins du groupe Bodet, qui a recours à l’alternance depuis environ quatre ans, concernent le domaine informatique – ingénieurs en développement (informatique embarquée et électronique), profils tests logiciels ou en lien avec l’assistance clientèle –, et les métiers transverses comme la comptabilité, le marketing, le Web. « Des profils de formation Bac+2/3 ou Bac+5 en marketing, et Bac+3 pour les profils techniciens mis à part deux postes en Bac+2 », précise Yohann Jobard.

Les postes proposés en alternance couvrent de nombreux métiers : fonctions supports (systèmes d’information, comptabilité, droit, marketing, achats, communication, ressources humaines), fonctions commerciales (conseiller clientèle, chargé de développement, chargé de relation client, ingénieur commercial B2B, ambassadeur des ventes B2B, commercial grands comptes…), production…

Dans le cas de certains, comme les commerciaux, l’intégration ne va pas toujours sans difficulté. Comme l’explique Sophie Magnien, « le rythme de l’alternance rend difficile l’intégration sur ce type de poste d’un profil qui ne sera qu’à temps partiel dans l’entreprise. » La difficulté peut aussi provenir d’un manque de maturité des alternants. « Nous avons essayé d’intégrer des Bac pro mais l’expérience n’a pas été concluante du fait de l’immaturité de ces jeunes », note Yohann Jobard. En PME, il faut selon lui, « trouver un compromis entre le niveau d’attente de l’entreprise et la conscience des étapes à respecter pour que le dispositif fonctionne ». Un niveau d’attente parfois excessif, comme l’observe Evelyne Petit dans le cadre de ses missions : « Les attentes des managers sont démesurées par rapport à l’essence même de l’alternance, ils veulent des doubles cursus ou des cursus parlant quatre langues, ils n’intègrent pas qu’il s’agit d’étudiants qui sont là pour apprendre. »

80% des contrats dans le secteur tertiaire

Environ 80% des contrats sont proposé dans le secteur tertiaire[1]. Une majorité dans le commerce suivi par le soutien aux entreprises, les banques et assurances, l’informatique, le Web, la communication… « Parmi les entreprises qui accueillent nos étudiants sous contrat d’apprentissage les banques sont très nombreuses, notamment pour des postes de conseillers commerciaux et d’analystes financiers », indique Marina Galderisi. Dans le secteur de l’énergie, toujours représenté et très porteur, les postes proposés concernent des métiers variés à tous les niveaux de la chaîne de l’énergie (recherche, exploration, production, transport, vente, distribution) et des services associés. Sans oublier les secteurs cités en début d’article.

Quelques chiffres[2]

– 616 000 alternants en France en 2012, le principal type de contrat est l’apprentissage, suivi du contrat de professionnalisation
– Environ 80% des contrats sont proposé dans le secteur tertiaire. Une majorité dans le commerce suivi par le soutien aux entreprises, les banques et assurances, la communication, etc.
– 87,7 % des alternants ont entre 16 et 25 ans avec une répartition égale entre filles (49,4%) et garçons (50,6%)
– 65% des alternants ont un niveau après Bac avec une augmentation des contrats (surtout en Île-de-France) pour les niveaux 1 (niveau supérieur à celui de la maîtrise) et 2 (niveau comparable à celui de la licence ou de la maîtrise).
– En 2012 la Région Île-de-France, qui a le meilleur taux d’insertion régional, comptait 82800 apprentis dont 59% dans le secteur des services. 69% des sortants sont en emploi dont 65% en CDI.

Sophie Girardeau

[1] [2] Source DARES.

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